Ce que la Grèce peut nous apprendre

J’ai déjà eu l’occasion de souligner à quel point le scientisme économique est la figure actuelle de la bêtise.

J’en trouve une attestation dans cet entretien donné par le philosophe grec Stelios Ramfos.

Ce qui me frappe aussi dans son propos, c’est qu’il affirme qu’il faut recréer des formes. C’est le point capital, au confluent de l’anthropologie, de l’art, de la philosophie, du politique et du social ; bref, de la culture.

A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
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7 commentaires pour Ce que la Grèce peut nous apprendre

  1. Basil dit :

    L’entretien donné par le philosophe grec Stelios Ramfos est très intéressant. Cependant, je ne suis pas sur que les grecs gagneraient à prendre les valeurs culturelles de l’Europe moderne plutôt que les valeurs « traditionnelles ». La crise grec c’est peut être une crise culturelle, mais alors c’est surtout celle de la culture financière anglo-saxon dont il s’agit. Ci-après une conférence pétillante sur la Grèce et l’Europe moderne:

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    • Pascal Rousse dit :

      Tel que je l’ai compris, Stelios Ramfos combat sur deux fronts. D’une part, il appelle les Grecs à s’ouvrir à la modernité, en bousculant notamment la tutelle régressive de l’Église orthodoxe. Mais d’autre part, il rappelle que l’Europe n’existe et n’a de sens que par la mosaïque de différences qu’elle constitue et par sa capacité à leur faire une place et porter leurs voix dans un monde qui fonctionne à l’échelle planétaire, du moins continentale. Par conséquent, l’Europe ne peut que se nier elle-même et se suicider si elle prétend soumettre ses nations à l’homogénéisation. C’est là que je vous rejoins, car les institutions européennes sont de plus en plus perçues comme un cheval de Troie du projet d’homogénéisation anglo-américain et non comme une puissance alternative. Or, c’est seulement de là que l’Europe, comme entité politique, tire sa légitimité. Mais cela implique aussi de la part des nations de s’ouvrir aux autres pour continuer à faire vivre cette vision et s’imposer aux institutions européennes de façon positive et non pas négative.

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  2. Catherine dit :

    Je ne saurais mieux dire.
    Et le système capitaliste est bien, entre autres, une religion, preuve en est la grande « main invisible du marché » qui veille sur nous…

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  3. Catherine dit :

    Je passe vite fait. Dire que l’économie (ou l’histoire, d’ailleurs) sont des sciences, c’est déjà une pure absurdité! Cela n’enlève rien à l’intérêt de ces domaines d’exploration. Mais employer le mot « science » – ce que tu me sembles récuser toi aussi à leur propos – c’est encore une fois tordre notre langue à des fins manipulatrices.
    N’est scientifique que ce qui résulte de ce qui peut être reproduit pour en tirer des conclusions, et aucun contre-exemple ne doit venir démontrer – un seul contre exemple suffit – que la théorie « scientifique » est inexacte. Dans les domaines des « sciences » humaines, on en est loin!
    Amitiés à tous.

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    • Pascal Rousse dit :

      Nous sommes bien d’accord, chère Catherine !

      Les sciences humaines et sociales, à commencer par l’histoire, leur doyenne, ont un régime de méthode et de preuves matérielles (objectivation, faits empiriquement observables, statistiques, archives, principes des témoignages concordants) qui leur est propre et leur permet de revendiquer une certaine scientificité, qui se distingue des sciences de la nature.

      En principe, l’économie relève des sciences humaines et sociales. Mais elle fait un certain usage des mathématiques à partir duquel elle prétend maintenant se ranger du côté des sciences de la nature. On sait que la plupart des experts en économie persistent à parler des faits économiques comme relevant de « lois naturelles » entièrement indépendantes de la volonté humaine et de la culture ! Et aucune voix autorisée, sauf certains économistes délicieusement nommés « non orthodoxes », n’y trouve rien à redire. Le scientisme est un pur et simple dogmatisme et le système capitaliste, en quelque sorte, un mixte de religion et de totalitarisme.

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