Pussy Riot, pour mémoire

Ceci est la vidéo originale de la performance des Pussy Riot dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. Il est utile de la revoir en se rappelant que ce n’est pas leur performance elle-même, mais sa diffusion sur internet qui fut la cause de leur arrestation, comme l’explique cet article bien informé. De plus, le lieu n’a pas été choisi au hasard, on s’en doute : cette église est, en effet, emblématique depuis sa construction des rapports de collusion et de corruption mutuelle entre le pouvoir, l’Église officielle et le crime organisé, mafieux et économique, en Russie (et ailleurs…).
Le groupe s’était illustré auparavant par une autre performance, intitulée Poutine a pissé dans son froc, qui était restée inaperçue, mais qui montre bien que la facture de leurs interventions procède d’une démarche artistique cohérente, mûrement réfléchie.

Par ailleurs, un montage a été ensuite réalisé, avec la bande son de la chanson, qui est proposé pour le prix Kandinsky.

A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
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4 commentaires pour Pussy Riot, pour mémoire

  1. Basil dit :

    Nous pouvons dire par là que les Pussy Riot font un beau scandale réussi. Difficile de leur donner tord. Heureusement, le devenir de la Russie sera démocratique. Cependant, de notre coté « démocratique » on se demande encore ce qui nous est arrivé et ce qui nous pend encore au nez. En France la révolution est un devoir économique, alors pas de Pussy Riot. Mais voilà que finalement les « vrais révolutionnaires » dans un tel contexte sont des « réactionnaires ». Par exemple: http://les451.noblogs.org/ (Giorgio Agamben, Michel Butel et Maurice Nadeau). C’est ainsi les catégories se brouillent et que plus je regarde le monde, moins je vois et plus je l’écoute, moins je comprends.

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    • Pascal Rousse dit :

      Cher Frédéric,

      Pour dire le moins, je suis toujours très méfiant sur les vertus « révolutionnaires » des « réactionnaires » de nos contrées. S’ils se trouvent contribuer à quelque devenir révolutionnaire, je crois que c’est en général bien involontaire, encore que le récent et intriguant retour en grâce d’Alain de Benoist prétende peut-être à la contre-exemplarité…

      Comme vous le dites si bien « les catégories se brouillent » : à qui cela profite-t-il ?

      Et pour cause ! Avant de consulter votre lien, j’ai trouvé cette réponse à l’appel qu’il communique : http://owni.fr/2012/09/13/ebooks-livres-augmentes-ou-livres-diminues/

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      • Frédéric dit :

        Bonjour Pascal,

        Je ne sais ni qui est Alain de Benoist. Ni même les vertus « révolutionnaires » ni d’ailleurs celles des « réactionnaires ». En fait je prenais l’exemple de cet appel des 451 qui finalement tourne autour de la liberté pour un peuple (ou une corporation) à débattre sur une vision de l’avenir qui leur échappe. Cet appel a sonné à mes oreilles un peu comme un chant du cygne. Bien sur cela profite à la personne qui compte et ne profite à personne qui compte.

        Mais je vois que cet « appel des 451 » aura soulevé quelques réactifs et brulé quelques pages virtuels. La réplique à cet appel que vous évoquez est intéressante, même si je trouve son auteur quelque peu narcissique en évoquant tous les oublis d’un appel au débat, sans participer au débat qu’il fustige. Sans doute cet appel est bien trop tardif.

        Mais l’auteur de cet article oublie qu’avant d’être en condition d’Auteur, il y avait un Lecteur qui bien que sachant écrire en théorie, n’avait rien à dire. Les arguments sur des moyens d’émancipations numériques des lecteurs supposés ne sont pas vraiment des arguments pour un devenir créatif de ces lecteurs. Et de quelle émancipation rêve t il et pour qui ? Sans doute l’objet de son désir est d’émanciper le pauvre autrui d’une vilaine corporation déjà mis à mal ?

        Je crains que ce que permet une nouvelle technologie n’ait que peu de rapport avec la vertu émancipatrice qu’on lui suppose, même une fois passée à la moulinette bienveillante du droit. De mon point de vue, la question du droit n’est qu’un palliatif, un placébo à faire fondre sous une langue de bois touchée de pourriture. Je n’ai jamais très bien compris à quoi rimait de mettre le petit signe © que je constate parfois sur des phrases de certains auteurs publiant sur le net.

        Par ailleurs, les livres numériques ne seront bientôt plus à lire. La « liseuse » nous fera la lecture pour nous endormir. Et le « bloc-notes » prendra les notes sous notre dicté pour ne pas trop se fatiguer. Après cela, les petits d’hommes se demanderont « à quoi bon lire » et « à quoi bon écrire » tout en ayant les plus grandes difficultés à acquérir la capacité à exprimer ces questions oralement. Je vous épargne ici la suite de cette petite fiction que je m’apprêtais à prophétiser tout en posant quand même la question jusqu’où l’humanité, au nom de la culture de l’efficacité, acceptera se dépouiller de tout ce qui rend possible les gestes humains qui fondent sa liberté ?

        Bien à vous

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      • Pascal Rousse dit :

        Cher Frederic,

        Il va falloir que je lise cet appel des 451 pour répondre plus en détail aux questions fondamentales que vous posez.

        Le sentiment que m’a laissé la réponse que vous ai indiquée, c’est que l’auteur se réjouissait que le débat fut lancé, mais regrettait que le ton et certains arguments de l’appel en question sonnent assez violemment comme une condamnation sans appel et sans égard pour ce que ce nouvel outil pourrait apporter aux lecteurs (et aux écrivains).

        Le caractère inquiétant du phénomène est assez évident si l’on considère des fournisseurs déjà dominants et qui menacent déjà le système des librairies. Mais il en est d’autres bien moins connus qui oeuvrent au contraire dans une logique de complémentarité et de synergie.

        Il y a une certaine précipitation à dramatiser les choses chez les personnes les mieux intentionnées et nos lettrés ne sont pas les derniers. J’ai en mémoire la réaction atterrée du philosophe Jean-Luc Nancy lors de l’invention du… livre de poche… 😉

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