Objectivité

Mosaïque du labyrinthe, Dougga, Tunisie, environ IIIe siècle avant JC

Mosaïque du labyrinthe, Dougga, Tunisie, environ IIIe siècle avant JC

Toute science a pour but la connaissance d’un objet qui lui est extérieur. Ce postulat ne saurait être remis en cause par la complexité du chemin et des moyens qui mènent à l’objet de la connaissance. Or, la philosophie est l’une des sciences premières, avec l’astronomie et la géométrie. Son objet est la vérité. Si, comme l’a affirmé Kant, la philosophie n’a pour but que… la philosophie, alors elle n’est plus une science et elle n’est même plus de la philosophie, comme Nietzsche l’a bien compris. Mais, dans ce cas, elle n’est pas un art non plus. Car l’art, s’il n’a pas d’objet défini à l’avance (contrairement à la science), est une démarche exploratoire à la recherche de son objet : quand l’œuvre a lieu, elle est la trace d’une expérience. L’œuvre n’est pas la représentation de l’objet de cette expérience, mais du chemin qui y mène, aller-retour. Rien n’est plus difficile en philosophie que de sauter hors du cercle herméneutique (Paul Ricœur), que d’échapper au labyrinthe du discours.

A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
Cet article, publié dans Art, Pensée artistique, Philosophie, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Objectivité

  1. emia neon dit :

    La philosophie EST une des sciences premières ??

    J'aime

    • Pascal Rousse dit :

      Bonjour,

      Oui, elle l’est d’abord historiquement, au sens où elle est l’une des premières formes de connaissance qui repose sur l’usage de la raison humaine et non sur la magie, le mythe ou la révélation. De là, certains philosophes la considèrent également comme la science première au sens où elle commanderait aux autres, c’est-à-dire qu’elle apporterait et comprendrait les fondements des autres sciences. Ces philosophes, tel Aristote, la disent alors architectonique. Le physicien Werner Heisenberg a relu Platon, après avoir fait ses découvertes fondamentales, et s’est avisé que le philosophe aurait encore des choses à lui apprendre pour penser les structures de l’univers.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s