Le syndrome de Jimmy : pourquoi être Mod au XXIe siècle ?

Photogramme du film Quadrophenia, 1979, réalisé par Franck Roddam, d'après l'album éponyme de The Who (sorti en 1973).

Photogramme du film Quadrophenia, 1979, réalisé par Franck Roddam, d’après l’album éponyme de The Who (sorti en 1973).

Ce texte exceptionnellement long est la deuxième esquisse pour un projet de livre sur cette culture populaire.

Le style ne permettrait-il pas d’inventer et d’instituer du commun, sans recourir à la clôture communautaire ? Une identité dotée d’un pouvoir de dissémination plutôt que d’exclusion ? Mod est le nom de l’une des premières identités modernes, non fondée sur une tradition donnée, mais fondatrice d’une improbable culture populaire. Improbable, en effet, car elle émerge à l’époque des industries culturelles, dont la fonction, Adorno et Horkheimer l’ont montré, est d’assurer à la classe dominante le contrôle total de la culture et des âmes en substituant un spectacle de masse industrialisé à la culture populaire et en rejetant la culture savante dans la sphère du commerce de luxe.

C’est dire que ce Modernisme, d’abord anglais (à partir de 1959, environ), s’il n’existe pas en dehors de la société de consommation, y a introduit une démarche autonome à l’égard des industries culturelles, une dissidence capable de se définir elle-même par un langage vestimentaire, musical et comportemental dont la clé échappera toujours au non-initié.

La prétention à le saisir de l’extérieur sans avoir fait l’expérience est absolument vaine. De même que toute tentative d’en expliquer l’esprit au profane ne s’attire immanquablement qu’une curiosité polie, ou le rejet. Mod est ainsi le nom d’un phénomène culturel et social qui résiste à l’objectivation. Aussi, le propos de cet essai ne sera-t-il pas de dévoiler le secret, puisque c’est impossible. En revanche, il est possible de s’interroger sur le sens de ce Modernisme, ce qui est tout différent et peut alors intéresser le profane comme l’initié.

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Les premiers Mods, issus de la classe ouvrière de Londres, trouvèrent l’émancipation dans l’invention d’un style et d’un mode de vie qui tranchât sur la grisaille de l’Angleterre conservatrice des années 50, pas encore entrée pleinement dans la société de consommation, et à côté d’une Europe continentale (essentiellement la France et l’Italie) rajeunie par la reconstruction d’après-guerre.

Leur subversion par le cool, inspirée de l’attitude des héros du Modern Jazz, était subtile et constructive aussi, bien que le premier moment en fut de courte durée. Mais sa fécondité est maintenant avérée, grâce à une capacité de résilience exceptionnelle dans le champ des cultures de jeunesse (« subcultures »), liées à l’émergence de l’âge adolescent et aux tentatives de captation de ce nouveau public par les industries culturelles.

Le jazz est un événement d’une portée culturelle et anthropologique capitale, sans doute la première invention d’une identité moderne, avant les Mods, puisque c’est une création d’un raffinement égal aux grandes musiques du passé. Or, il est l’oeuvre d’héritiers d’esclaves noirs, qui ont su ainsi surmonter la logique et la morale compensatrice du ressentiment, qui avait toujours été le lot des esclaves selon Nietzsche. Cela aboutira à l’ethos cool, incarné notamment par Miles Davis, mais aussi magnifié dans les pochettes du label Blue Note. Les musiciens noirs font du détournement et de l’inflexion de l’élégance décontractée moderne, jusqu’ici réservée aux membres des grandes universités américaines de l’Ivy League, leur marque distinctive, portée à un degré aussi subtil que le bebop, l’art ésotérique de l’improvisation devenu complètement hermétique au consommateur de divertissement blanc conservateur.

William Claxton, John Coltrane au musée Guggenheim, 1960

William Claxton, John Coltrane au musée Guggenheim, 1960

Les Mods l’ont parfaitement compris et ont établi de façon inédite (notamment en évitant, comme les musiciens noirs, les prises de position idéologiques explicites et donc toute dépendance au langage institué), dans le champ culturel, le lien entre l’esprit démocratique radical de l’Amérique et celui de l’Europe. N’oublions pas que nombres d’entre les premiers Modernistes, étudiants des nouvelles écoles d’art, ouvertes aux enfants de la classe ouvrière (leur permettant pour la première fois en Grande Bretagne d’accéder aux études supérieures), étaient bien informés de la culture contemporaine.

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Le renouveau des années 70-80 a modifié le sens initial du phénomène, de même que celui-ci avait modifié le modernisme hérité des XIXe-XXe siècles. Il y a, en quelque sorte, un retour à l’esprit de l’un de ses pères fondateurs : William Morris. Et, là encore, ce sont les prolétaires qui jouent le premier rôle, à commencer par Paul Weller. Il s’y ajoute une conscience sociale, sinon politique, beaucoup plus prononcée, au moins dans les paroles de Paul Weller pour The Jam et chez d’autres groupes pionniers, dont The Purple Hearts et The Chords, par exemple.

Si la distinction est l’apanage de la classe « supérieure », cela est précisément essentiel à l’affirmation de cette prétendue supériorité, comme nous l’a appris Pierre Bourdieu. Par une certaine et, paradoxalement, subtile exagération, les Mods ont ouvertement remis en cause ce système de la distinction. Même si certains se disent conservateurs, ils subvertissent en tant que Mods la séparation entre classe ouvrière et aristocratie, particulièrement figée, on le sait, en Grande Bretagne. Ils refusent de se laisser enfermer dans un tribalisme prolétarien et entendent transgresser la frontière qui les sépare de l’establishment, mais en créant leur propre « étiquette ». On n’est pas éloigné des pratiques du détournement, prônées par les Situationnistes, qui s’inspiraient eux-mêmes des « arts de faire » populaires, ces tactiques de résistance à l’hégémonie de la « culture légitime », comme le montrera Michel de Certeau. C’est bien d’une révolution culturelle qu’il s’agit, comme l’avait bien vu Peter Meaden (Mod original, premier manager des futurs The Who) : pour lui, tout le monde peut devenir Mod, parce que c’est un mouvement révolutionnaire.

Photo prise lors du tournage du film Quadrophenia, vers 1979.

Photo prise lors du tournage du film Quadrophenia, vers 1979.

Cela doit nous inciter à un usage critique de la notion d’« élitisme », si souvent attribué aux Mods. Car le contexte dans lequel nous employons aujourd’hui ce terme doit nous inviter à la prudence, y compris à l’intérieur du milieu Mod, même si l’initié comprend immédiatement ce que l’on entend par là.

Si l’on a pu parler, jusque aux années 1960, d’élite, voire d’aristocratie ouvrière, par exemple, ce n’est plus possible aujourd’hui. La notion a perdu la relative neutralité qui permettait de désigner ainsi l’avant-garde des classes populaires, sans contredire l’égalitarisme qu’elle était censée accomplir. Désormais, dans un contexte d’inégalité sociale extrême, l’« élite » se confond de nouveau sans reste avec la classe dominante, l’establishment.

Si les Mods constituent effectivement une « avant-garde » parmi les cultures de jeunesse, mais aussi, plus largement, dans les cultures populaires, il devient dès lors risqué de qualifier d’élitiste leur haut niveau d’exigence stylistique, leur souci minutieux de la qualité vestimentaire et musicale, bref leur sens distinctif, avisé et non conformiste de la valeur d’usage liée au sens de l’éducation esthétique autonome, tel que le prônait Schiller.

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La situation présente conduit inévitablement à confondre, fût-ce à tort, l’« élitisme » supposé des Mods avec l’élitisme social qui règne depuis les années 1980, c’est-à-dire au retournement idéologique global en faveur d’une légitimation des inégalités et d’un régime oligarchique mondialisé.

Car on ne peut ignorer que le deuxième renouveau du mouvement Mod, qui a lieu en ce moment, voisine avec un regain d’intérêt pour le rétro, le « radical chic » et une absorption de certains aspects du style dans les mondes du spectacle, de la mode et des « people ». Tout est prêt pour l’organisation du contresens et du malentendu journalistiques destinés à démonétiser l’intensité du commun pour la réduire au général insignifiant, sans aucune capacité de transformation.

Ce risque est d’autant plus grand que nombre de figures « en vue » du milieu Mod sont à présent issues de la classe moyenne, plutôt qu’ouvrière. Habiter Londres, Los Angeles ou Paris, tout en possédant des costumes sur mesure, une bonne collection de disques originaux en vinyle et un beau scooter ancien, ce n’est plus du tout à la portée d’un jeune de la classe ouvrière aujourd’hui, même s’il est très économe et débrouillard comme l’étaient les premiers Mods. Le problème se posait déjà dans les années 1980, mais plus encore désormais.

À feuilleter les magazines de mode qui en récupèrent l’image depuis quelques années déjà, on pourrait croire qu’être Mod, c’est chic ! Même la comparaison avec le monde de l’art, par l’emploi du terme d’avant-garde, s’expose aux mêmes glissements de signification, puisque « l’art contemporain » s’est entièrement compromis dans cette vaste entreprise de réappropriation totale du monde par l’oligarchie (précisément appelée « mondialisation »).

Serait-ce alors la fin de cette subtile et très radicale subversion des mécanismes de la distinction, par laquelle le Mod manifeste qu’il n’aspire surtout pas à imiter le modèle de l’« élite » ni à s’élever dans l’échelle sociale afin de s’y intégrer ? Ce Modernisme est l’invention toujours renouvelée d’une culture populaire moderne : une culture commune de progrès et de transformation du monde. Bien que cette culture se méfie salutairement des idéologies, elle contribue pourtant à la transgression des hiérarchies sociales et ainsi à imaginer la constitution d’une société sans classes. L’esprit de l’utopie, selon Ernst Bloch, ne lui fait pas défaut. C’est donc un authentique modernisme inventé par les jeunes sans héritage de la Grande Bretagne d’après guerre, puis des années 1970, qui s’internationalise grâce à la synthèse qu’il fit des formes américaines et continentales qui convenaient à son esprit, mais aussi à un usage avisé des supports de dissémination offerts par internet.

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De plus, la traversée du désert des rares stylistes, qui ont maintenu la flamme durant les années 1990, a laissé des traces. Leur passion a conduit leurs recherches vers un approfondissement et un enrichissement de la culture Mod, par un salutaire retour aux sources. Mais, tandis que le renouveau des années 1970-80 devint rapidement un phénomène de masse, on tend aujourd’hui à remettre fortement l’accent sur le pôle individualiste de l’esprit Mod. On privilégiera une exigence puriste contre des enthousiasmes trop naïfs, on stigmatisera (à juste titre, mais ce n’est point le seul problème) le « comedy mod » qui se contente de porter une parka sur une tenue négligée, etc.

Mais c’est oublier que la portée du mouvement Mod, ce qui en fait un phénomène culturel d’une certaine ampleur et non un épisode de plus de la chronique bohème, c’est précisément cette tension dialectique entre son ésotérisme et sa massification.

Or, si la massification des Mods est évidemment liée à la médiatisation, on doit pourtant constater qu’elle assure quand même la transmission de valeurs alternatives et imperméables, en leur fond, à la société de consommation. Car tel fut bien le rôle des deux massifications successives du Modernisme, celle de 1964-66 et celle de 1981-84, attesté par les renouveaux qui s’ensuivirent. On voit bien par là que le sens du Modernisme est indissociable de son origine ouvrière, puisque sa force tient à son caractère de culture populaire (et non « pop » ou « de masse »). C’est un phénomène de dissidence et de résilience culturelle étonnant, qui fait encore tout l’attrait de ce mouvement et aussi ce qui le rend si agaçant pour le profane qui n’y voit qu’une arrogance déplacée, à commencer par nombre de critiques rock dont l’acharnement haineux et/ou la condescendance compte parmi les chapitres surprenants de cette histoire.

Cette vitalité irréductible d’une culture qui s’est dotée d’un langage de formes, d’un style spécifique, capable de survivre à ses propres puristes et à toutes les mécompréhensions, dont la transmission tient de l’initiation en dépit de son enracinement paradoxal dans la rue, l’apparente à une religion, comme le suggèrent nombre de métaphores à son propos (ne serait-ce que la fameuse injonction : « keep the faith ! »), mais aussi le titre d’un album emblématique de Jimmy James and the Vagabonds The new Religion, 1966, repris pour un livre historique récent sur la première époque du mouvement (Paul « Smiler » Anderson, Mods, the new Religion. The Style and Music of the 1960s Mods). C’est le point par lequel le moderne, comme le disait Baudelaire, touche à l’éternel par-delà l’instant et porte l’espoir de l’immortalité.

A propos Pascal Rousse

Je suis docteur en philosophie, professeur certifié d'arts plastiques en collège à Paris et chercheur indépendant. Mes recherches en philosophie de l'art portent sur le cinéaste soviétique Serguei M. Eisenstein, le montage et le modernisme.
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14 commentaires pour Le syndrome de Jimmy : pourquoi être Mod au XXIe siècle ?

  1. Michael dit :

    Bon c’est légal tout ça. Mais oh la la c’est trop français de faire tout un plat de ces mouvements de jeunesse. La vérité c’est que tout le monde s’en branle et qu’on attend la suite.

    • Pascal Rousse dit :

      Bonjour Michael !

      As-tu vu le nombre de publications à ce sujet en Grande-Bretagne ? Cela doit dépasser la centaine, suffisamment pour programmer à Londres un salon du livre uniquement dédié à ce sujet. Ce qui est plus français, en revanche, c’est de s’intéresser philosophiquement à ce sujet, tandis que les britanniques en ont fait le tour historiquement et (en partie) sociologiquement.

      Je ne reviens pas sur les raisons de s’y intéresser (même si ces mouvements peuvent être déclarés « morts » par certains), elles sont dans le texte.

      En tout cas, beaucoup s’y intéressent, y compris en France. Et beaucoup d’entre nous, notamment en France, sont précisément en attente d’un commencement d’interprétation du sens de ce mouvement, par-delà le simple fait qu’il demeure un mode de vie pour des milliers d’entre nous.

  2. Bien qu’étant un ancien « Rocker »,( j’ai même été « Ted » en mon temps, à l’époque du « Revival Rockabilly » des années 70…)J’ai quand même lu cette étude à sa sortie avec intérêt…!
    Maintenant je suis un « Vieux Biker » !…
    Cela prouve que la culture n’a pas de couleur…
    merci Môssieur Rousse !
    P.S. : Bienvenu chez moi …

    • Pascal Rousse dit :

      Merci beaucoup cher Laurent ! J’apprécie aussi beaucoup votre blog et vos oeuvres 🙂 Un aspect de la mythologie Mod que je n’ai pas encore développé, c’est ce fameux antagonisme supposé avec les rockers. On sait aujourd’hui qu’il fut énormément exagéré par les tabloïds anglais de l’époque. Dans 95 % des cas, ils ne se rencontraient jamais, n’échangeaient que des quolibets et les Mods les plus belliqueux passaient le plus clair de leur temps à se bagarrer entre gangs rivaux : affaire de territoire ! Il est d’ailleurs étonnant de voir que le film Quadrophenia reproduit cette mythologie comme si les choses s’étaient réellement passées ainsi…

  3. Pascal Rousse dit :

    Je viens de recevoir un commentaire très hostile à propos de cet article. Je l’aurais autorisé s’il contenait la moindre ouverture à la discussion. Mais le ton était trop insultant et visait seulement à m’interdire purement et simplement d’écrire sur le sujet. Ce qui est évidemment fort encourageant, même si ça ne laisse pas d’être un peu désagréable.

    • Pascal Rousse dit :

      Personne que je serais fort curieux de rencontrer, si elle en a le courage, pour voir combien de mains elle utilise pour écrire ses torchons, entre autres activités (à moins qu’elle ne soit téléguidée)…

      • Pascal Rousse dit :

        En tout cas, je ne saurais assez remercier « Johanna », si tel est bien son nom, dont la naïve arrogance et l’acharnement me confirment (à un un degré que mes meilleurs amis n’auraient pu atteindre) dans le bien fondé de ma démarche philosophique, sur ce sujet comme sur tous les autres.

      • Pascal Rousse dit :

        Cela dit, j’ai les adresses IP de « Johanna/Somenone » et il devrait bientôt être possible de se rencontrer : il y a quelques vrais anciens Mods qui seraient intéressés par une telle « expertise ».

  4. ericthuillier dit :

    Cher Pascal,

    Puisque vous aviez dit que ce n’était pas possible, je n’ai rien compris à cet état d’esprit. Mais au moins, puis je l’avouer sans honte, j’ai découvert qu’il existait ou avait existé et était en train de renaître un mouvement Mod. Grand merci pour cette petite immersion dans l’inconnu ou le presque inconnu. En votre compagnie, avec la qualité de vos illustrations et de vos renvois (les pochettes Blue Note par exemple) c’est toujours un plaisir. J’ai téléchargé votre Montage selon Eisenstein, je ne vais pas le lire tout de suite, je suis bien occupé en ce moment entre la construction d’une nouvelle maison et l’adhésion au parti fondé par Pierre Laroutourou, Nouvelle Donne. Avec toutes mes amitiés. Eric.

    • Pascal Rousse dit :

      Cher Éric,

      C’est toujours un plaisir d’avoir de vos nouvelles ! Je m’efforcerai de me montrer plus explicite dans de prochains billets sur certains aspects de la chose. C’est un phénomène auquel j’ai participé durant mon adolescence, dans les années 1980 et auquel je fais retour aujourd’hui. C’est en effet l’une de ses particularités qu’il puisse se vivre encore à l’âge adulte et même dans la vieillesse… Toutes mes félicitations pour votre nouvel engagement. Avec toutes mes amitiés de même.

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