publication en COURS –Uni-es contre les vampires = Appel à signer

Fin de l’hypocrisie

art debout

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UNIES CONTRE LES VAMPIRES ! copie

NOUS RÉACTIVONS L ‘APPEL D’OCTOBRE 2014, LANCÉ PAR PIERRE ALFÉRI À L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA FONDATION VUITTON, À PARIS – NOUS PRENONS LA BANDEROLE – UNI-ES CONTRE LES VAMPIRES – DE  ART EN GRÉVE  COMME UN PROGRAMME –  NOUS N’IRONS PLUS À LOUMA, ARLES – À LA FONDATION FIMINGO, ROMAINVILLE –  À LA FAYETTE ANTICIPATION, PARIS – À LA FONDATION LOUIS VUITTON, PARIS –  À PINAULT, VENISE ET PARIS- À EMERIGE  – À LA FONDATION RICARD, PARIS- À LA FONDATION CARTIER, PARIS –

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DEVANT CARTIER- PAS DE CARTIERquand le sage ---

APPEL 2014

L’art n’est-il qu’un produit de luxe?

La Fondation Louis-Vuitton, un nouveau musée d’art contemporain créé par Bernard Arnault dans le Bois de Boulogne, est inaugurée ce lundi 20 octobre par François Hollande. Des écrivains, des philosophes, des artistes critiquent le rôle croissant des…

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Matière à réflexion

Matière à réflexion pour les jongleurs couronnés, estampe révolutionnaire, XVIIIe siècle

Amis des restaurations et autres restaurateurs, soumis volontaires à l’ordre de ce monde, méfiez-vous des retours du refoulé de l’Histoire.

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Sur Le Corbusier, Sergueï Eisenstein et Andréï Bourov

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Photogramme de La Ligne générale, d’Eisenstein, vue du sovkhoze « corbuséen » conçu par Andréi Bourov, vers 1927-28 (image trouvée sur le blog The Charnel-House)

Dans trois jours, dimanche 3 novembre, je donnerai une conférence à la Cité Radieuse de Briey, sur les relations personnelles, artistiques et conceptuelles de Le Corbusier et de Sergueï Eisenstein, autour des rapports entre architecture et cinéma dans le modernisme, en particulier sur la question du montage, de la promenade architecturale et de l’organicité. Cette conférence est organisée dans le cadre de l’exposition conçue par Ada Ackerman : L’œil extatique du Centre Pompidou à Metz, sur le cinéaste.

Il faut le dire, cette exposition fera date : c’est une étape essentielle dans la redécouverte d’Eisenstein (et même la découverte pour beaucoup de gens âgés de moins de 50 ans !). Dans une très bonne scénographie, avec des choix d’œuvres stimulants en rapport avec les films, elle permet de le voir avec un regard neuf, débarrassé des débats idéologiquement biaisés des années 1960-70 (ce qui ne veut pas dire débarrassé de tout enjeu politique, au contraire). Mais aussi de l’envisager comme artiste, dans ses relations au théâtre d’avant-garde dont il venait (comme disciple de Meyerhold), à l’architecture (sa formation initiale) et aux arts plastiques (sa passion), en dehors des strictes études cinématographiques.

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Corbu et Sa Majesté se rencontrèrent à Moscou en 1928 à l’occasion d’un voyage de l’architecte pour la mise au point du projet final et de la construction du Centrosoyouz, un immeuble de bureaux destiné à abriter le siège social d’un groupement de coopératives de consommation. On lira avec profit la passionnante enquête historique de Jean-Louis Cohen à ce sujet, très bien documentée et illustrée : Le Corbusier et la mystique de l’URSS, aux éditions Pierre Mardaga.

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Le Corbusier, Sergueï Eisenstein et Andréi Bourov (de gauche à droite) à Moscou en 1928. Photographie illustrant le livre de JL Cohen (trouvée sur le blog The Charnel-House)

Sergueï Eisenstein fut mis en contact avec Le Corbusier par l’entremise de l’un des disciples russes de l’architecte, Andréi Bourov. Celui-ci était alors membre de l’avant-garde constructiviste en architecture et, à l’intérieur de celle-ci, tenant du courant des « urbanistes », dont Alexandre Vesnine était le chef de file, l’autre courant étant celui des « désurbanistes », mené par le sociologue Okhitovitch auquel s’était rallié Moïsseï Guinzbourg, le théoricien de l’ensemble du groupe, auteur d’un livre magistral publié en 1923, intitulé Le Style et l’Époque. Ces deux courants coexistaient et débattaient ensemble au sein d’un même collectif moderniste, dont l’organe principal était la revue d’avant-garde Sovremennaia Arkhitektura. Bourov en était l’un des rédacteurs.

Celui-ci fait aussi le lien entre Le Corbusier et Eisenstein parce qu’il fut l’auteur des décors de la ferme-laboratoire d’Etat, le sovkhoze dans La Ligne générale. Il souhaitait en faire une véritable construction architecturale, considérant que dans un film dédié à la vie moderne, au présent, on devait réaliser des bâtiments exemplaires destinés à durer après le tournage. C’est pourquoi il fut crédité au générique en tant qu’architecte et non comme décorateur. C’est sans doute le signe qu’Eisenstein partageait ses idées. Malheureusement, cette belle ferme moderniste « corbuséenne » ne sera réalisée qu’en bois et plâtre.

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Photogramme de La Ligne générale, autre vue sur le sovkhoze (trouvée sur le blog The Charnel-House)

Je dois lever ici une équivoque à propos de Bourov, qui se trouvait dans ma thèse et qui a subsisté dans mon livre Le Montage organique. Eisenstein et la synthèse des arts : d’une part, Bourov était l’assistant de Le Corbusier au sens où il fut son accompagnateur, son traducteur et interprète, durant tout son séjour, mais il ne semble pas avoir contribué au projet ni au chantier du Centrosoyouz (l’architecte chargé de suivre le chantier était Nicolaï Kolli, d’autres ont aidé à dessiner certains ajustements, dont Sergueï Kozin et Alexandre Pasternak, entre autres), d’autre part, s’il fait bien partie de l’avant-garde architecturale constructiviste, il ne semble pas avoir suivi le courant des « désurbanistes », demeurant fidèle à celui des « urbanistes » mené par les frères Vesnine et plus proche des idées de Le Corbusier. On ne trouve hélas pas ces précisions dans les ouvrages en français qui mentionnent le nom de Bourov, y compris chez Anatole Kopp ou Jean-Louis Cohen, mais, par exemple, dans l’excellent blog en anglais du chercheur slavisant Ross Wolfe, The Charnel-House.

En revanche, la signification qu’Eisenstein donne à ces éléments d’architecture moderne dans le montage du film, y compris en y intégrant des prises de vues sur le complexe du Gosprom (« Palace de l’Industrie ») à Kharkov en Ukraine, s’inscrit bien dans le sens de La Ligne générale, c’est-à-dire le cheminement dialectique vers un mariage entre ville et campagne, ouvriers et paysans, industrie et agriculture et vers l’abolition de leur séparation dans un mode de vie nouveau, où le « communisme primitif » des paysans et la rationalité technologique des ouvriers s’enrichiraient mutuellement. Or, cela correspond bien au projet du courant désurbaniste.

À moins qu’Eisenstein, alors que l’avant-garde en URSS était de plus en plus attaquée (elle subira un cuisant désaveu, notamment à travers Le Corbusier, lors du concours du Palais des Soviets, en 1931-32 où Staline choisira de soutenir les académistes), ait procédé dans son film à une conciliation des divers courants du modernisme, au moment où un front commun tenta de se constituer avec le Groupe Octobre, dont il était l’un des fondateurs.

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Le Corbusier, Cité Radieuse de Marseille, 1952, vue de l’école sur la toiture (photographie de Louis Sciarli, trouvée sur le blog de Bernard Delphin)

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